Petite entrave au thème du blog, voici une nouvelle écrite à partir de quelques images du jeu "Dixit".

 

     C’était un beau jour d’été. Le soleil brillait et ses rayons se reflétaient sur les pétales des tournesols tournés vers lui. L’épouvantail, perché au milieu du champ, semblait souffrir de cette chaleur accablante.

     À quelques pas de là, la jeune Lee-Ann, adolescente aux cheveux noirs très fins et aux boucles d’oreilles en forme de petites poupées, était allongée dans le champ de blé. Comme chaque jour ensoleillé comme celui-ci, malgré la chaleur, elle s’installait à l’ombre d’une botte de paille pour lire son roman préféré. Mais ce jour-là n’était pas comme les autres. Lorsqu’elle ouvrit son livre à partir d’un coquelicot en guise de marque-page, quelle ne fut pas sa surprise de constater que celui-ci était vide. Les pages étaient blanches. Aucun mot, aucune lettre n’étaient inscrits dans le livre. Prise d’une angoisse soudaine, la jeune fille rentra à toute allure chez elle, alla chercher un autre livre. Elle manqua plusieurs fois de renverser les meubles et leurs contenus,  par sa vitesse. Arrivée dans sa chambre, elle se saisit du précédent tome du roman qu’elle lisait actuellement. Mais celui-ci était identique, nu de toute écriture.

     Alerté par le bruit qu’avait fait la jeune fille, son frère sortit de sa chambre d’un air inquiet. Il avait un courrier à la main. Il se demandait ce qui se passait, et c’est en voyant les deux livres vides de sa sœur qu’il prêta une attention particulière à son courrier. Il s’agissait d’une feuille blanche. Paniqué lui aussi, il retourna la feuille et découvrit un dessin. Celui-ci n’était pas très représentatif mais ressemblait fortement à un ensemble de livres, une bibliothèque. Les deux adolescents se regardèrent, et sans réfléchir se dirigèrent à toute vitesse vers le grenier où étaient stockés les vieux livres de leur défunt grand-père.

     Arrivés dans le grenier, le jeune garçon appuya sur l’interrupteur, mais l’ampoule ne s’alluma pas malgré son insistance. Cependant c’est au fond de la pièce que surgit une lumière vive dans les tons orange et rouge. Surpris par cette lumière digne d’une flamme olympique, les deux adolescents se dirigèrent vers elle. Tel le tourbillon d’un ouragan, ils furent emportés et tombèrent dans le vide. Après une longue chute vertigineuse ils atterrirent au beau milieu d’un champ.

     Il faisait nuit, tout était noir autour d’eux, ils ne voyaient rien du tout. Soudain une nouvelle lumière au loin, comme une luciole mais de plus grande envergure, attira leur attention. Elle semblait montrer la présence d’une personne. En effet, en s‘approchant, ils aperçurent, de dos, un vieil homme qui était assis sur un banc, ressemblant étrangement à leur grand-père. Il tenait un journal ouvert qu’il semblait lire. Immobile, il fixait du regard les pages du journal. Elles étaient blanches.

     Il faisait nuit mais les étoiles peinaient à arriver, quand soudain la luciole bondit vers le ciel et éclata tel un feu d’artifice. L’homme leva les yeux pour voir ce spectacle magnifique.

     Les étincelles du feu d’artifice ont laissé place dans le ciel à des lettres lumineuses.